Le Grog

GrogCréé en 1731.

Le « tafia » (sorte de rhum non raffiné, ancêtre du rhum) faisait partie de la cargaison des navires Anglais ainsi que des rations des marins, qui en buvaient en petites quantités, juste pour donner de la force et du courage car il était rude et désagréable à boire. Mais les plus gros buveurs de tafia étaient les flibustiers, corsaires, boucaniers, pirates et autres hors-la-loi des mers.

Entre 1530 et 1580, ces hors-la-loi des mers recrutent une partie de leur équipage en soûlant les marins Anglais, dans les ports grâce à leur mélange à base de « tafia », sucre et fruits. Les marins de la marine nationales, trouvant là une façon de boire le « tafia » séduisante, se retrouvaient trop ivres pour répondre à l’appel et devenaient déserteurs. Ils n’avaient d’autres choix que de s’enrôler chez ces hors-la-loi des mers avec qui ils avaient noué des liens amicaux et échangé leur passion pour la mer.

La désertion était l’un des problèmes les plus graves auxquels la Marine Royale Anglaise devait faire face, mais certains marins arrivaient heureusement à être présents à l’appel. Fiers de leur délicieuse trouvaille, une fois leur navire accosté en Inde, ils entreprirent de mélanger leur rations de « tafia » aux fruits locaux. Mélanges après mélanges, ils finissent par mélanger les épices locales abondantes (thé et cannelle) à leur mélange et le nommèrent « Punch », venant du mot « panch » qui veut dire 5 en hindoustani et en sanskrit (langues de l’inde). 5 car ce Cocktail a 5 ingrédients de base : rhum, le sucre, un jus, la cannelle et le thé.

Ce sont ces mêmes marins qui apportent le nom et la recette aux Antilles. Seuls producteurs de « tafia », la recette y est immédiatement adopté et les Antillais en font une boisson traditionnelle, créant des variantes délicieuses.

Au début des années 1700, les techniques de raffinage améliorent considérablement le « tafia » qui devient « rhum » (de l’Anglais rum, abréviation de rumbullion – un mot de Devonshire qui signifie ‘un grand tumulte’). Les Nord-Américains y développent même leur propre production à partir de mélasse. Une forte exportation vers l’Europe se crée et vers 1740 les anglais consomment le rhum principalement sous forme de punch.

Mais une autre recette découle de cette découverte. En 1731, un soir de grand froid en pleine mer, l’Amiral Edward Vernon, officier de marine britannique de la Royal Navy, eût l’idée pour se réchauffer de faire chauffer le mélange et en y ajoutant de l’eau et un peu de jus de citron pour lutter contre le scorbut. Ce mélange fut baptisé « Grog » en hommage au surnom de l’Amiral Vernon qui était « Old grog », abréviation d’Old grogram, parce qu’il portait toujours le même manteau en grogram, une épaisse étoffe de soie à gros grain.

Rapidement la consommation de rhum gagne les pays du nord de l’Europe et l’Allemagne. Mais en France, l’essor de la production des îles françaises en rhum est entravé par la volonté du gouvernement Français de protéger les eaux-de-vie de vin locales. Il faudra attendre les années 1790 pour qu’on consomme du Rhum, un « Punch » ou un « Grog » dans les cafés français.

Pour faire un bon Grog, il vous faut un verre de type « chope », une casserole,

4 cl de rhum blanc,

1 morceau de sucre,

1 gousse de vanille,

2 cl de jus de citrons,

1 bâton de cannelle.

Versez tous les ingrédients en allongeant à l’eau dans la casserole,

si vous n’avez pas de bâton de cannelle remplacez par une cuillère-à-café de cannelle en poudre.

Faite bien chauffer, et versez dans le verre de type « chope », il vous faut un verre à anse, spécifique aux « Hot drink ».

Décorez avec un zeste de citron.

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